Autour des Souliers Rouges – La Médiation

Un Théâtre au service de la réflexion

Comment deux enfants livrées à elles-mêmes parviennent à éveiller en elles un désir extrême de vie ? Comment croire en un monde meilleur, quel espoir ? Où puiser sa force ? Où se situent nos impuissances et nos nécessités ? Ces interrogations en engendreront d’autres, et leur importance nous est certaine ; toutes nos histoires personnelles sont uniques et méritent de se confronter les unes aux autres pour construire un avenir commun.
Faire du théâtre pour que quelque chose soit dit du monde. Ici et maintenant, deux jeunes filles sont projetées dans un monde de violence, parce qu’elle sont nées là où les hommes sont armés et quadrillent la population selon des « zones » régies par des règles de corruption. En tant que femmes et enfants, elles ne peuvent que fuir pour échapper à leur condition et être libres. Ce que nous trouvons nécessaire dans le texte, c’est l’évocation lointaine de cette réalité qui les rattrape, cependant que leurs dialogues sont entièrement voués à l’espoir, et ce qu’elles vivent au quotidien est induit par tout un univers de mots qu’elles connaissent et répètent. Ainsi, l’évidence de leur misère est ressentie par le spectateur justement parce qu’elle est quotidienne ; mais le texte ne la décortique pas, ne se veut pas illustratif ou dans une démonstration qui nous forcerait à plaindre les misérables. Mammadera et Favilla sont habituées à leur vie de souffrance. Elles ne connaissent rien d’autre. Au-delà de la douleur, avant, il y a la pureté de leur enfance.

Atelier en milieu scolaire : l’art d’inventer pour grandir

Les membres de la compagnie sont dotés d’une formation littéraire et pédagogique (Sarah Lecarpentier étant diplômée d’état d’enseignement en théâtre). Devant la richesse des thèmes abordés par Tiziana Lucattini dans Les Souliers Rouges, il nous a semblé intéressant de créer des ateliers s’articulant autour de la représentation afin de créer un véritable échange avec les élèves. Le texte de Tiziana propose plusieurs moments de possible réécriture, que nous avons déjà travaillés lors de notre création du spectacle.

Le but est de créer une rencontre entre des publics, une équipe artistique et un texte de théâtre, autour des thèmes abordés par l’histoire que nous racontons :
- l’errance
- la difficulté de vivre dans un monde de violence
- le passage de l’enfance à l’âge adulte
- le pouvoir de la mémoire et de l’imaginaire comme transformateur du quotidien
- la quête identitaire
- le conte initiatique
Les spectateurs concernés seront des collégiens et lycéens, les différents groupes étant réunis au début pour la représentation de la pièce et la rencontre qui s’ensuivra, et à la fin, pour une seconde représentation et pour le bilan. Le travail avec une jeune compagnie théâtrale peut être l’occasion pour les élèves de vivre une aventure artistique, de pratiquer une écriture d’invention et un dialogue avec les intervenants.

Descriptif de l’intervention :

Première rencontre
Avec les comédiennes, afin de présenter le projet, de sensibiliser les élèves au travail théâtral qui va leur être demandé.

Première représentation
Nous jouons Les Souliers Rouges dans sa version originale devant les élèves. Une rencontre à lieu à l’issue de la représentation.

Atelier d’écriture
2 ou 3 heures avec les comédiennes. Autour de 5 extraits du texte :
- Quels seraient les pouvoirs magiques de nos propres « souliers rouges » ? .
- Un poème qui dresserait l’inventaire des interdits dans un pays non-libre ?
- A quoi ressemblerait la maison de nos rêves ?
- Comment écrire une petite « chanson jaune » ?
- Comment raconter une mort magique ?

Deuxième représentation
En intégrant les textes des élèves au déroulé de la pièce. Une dernière rencontre à lieu à la fin de la représentation pour faire le bilan de ce travail.
Nous pensons qu’il sera enrichissant pour les élèves, grâce à leur implication active :
- De lire un texte théâtral contemporain.
- De le voir jouer deux fois, de percevoir comment le texte peut vivre et prendre sens, les différences d’une représentation à l’autre : ce qui permet de mieux comprendre les enjeux théâtraux et d’acquérir des connaissances sur la relation entre le texte et la représentation.
- De suivre le travail proposé par les comédiennes : de l’écriture vers la mise en voix, ce qui leur permettra ainsi de mieux saisir le fil d’une pensée et sa construction dans l’écriture.
- De faire des propositions, d’écouter celles des autres et donc de développer leur aptitude au dialogue et à l’argumentation.
- De se mettre en rapport avec les autres groupe au terme de la dernière représentation et du débat.
- De susciter leur envie de fréquenter les lieux du spectacle vivant et les sensibiliser à l’art.

C’est autour des questions fondamentales du texte que nous créons un échange, où les spectateurs nourrissent la fable de Tiziana Lucattini, aussi bénéfique pour notre travail que pour ceux qui font / feront la société de demain.

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